Depuis la loi ALUR de 2014, chaque copropriétaire dispose d’un droit d’accès aux informations concernant la liste des autres membres de la copropriété. Pourtant, des syndics continuent d’opposer des refus ou de limiter l’accès à ces données, invoquant la protection de la vie privée ou des interprétations restrictives de la réglementation. Les demandes se heurtent à des procédures variables selon les gestionnaires, avec des délais et des conditions qui diffèrent d’une copropriété à l’autre.
En 2026, plusieurs plateformes et outils promettent de simplifier l’accès à ces coordonnées, tout en soulevant de nouvelles questions sur la gestion et la sécurité des informations personnelles.
Transparence et accès aux données de copropriété : où en est-on en 2026 ?
Le registre national d’immatriculation des copropriétés a bouleversé le quotidien des copropriétaires et des syndics, en propulsant la digitalisation de toutes les informations liées aux immeubles. La transparence progresse, portée par une volonté politique d’uniformiser l’accès aux données, que ce soit en France ou à l’échelle européenne. Concrètement, chaque copropriétaire dispose désormais d’un accès, en principe, à des informations structurantes sur la vie de la copropriété :
- nombre de lots
- état financier
- décisions d’assemblée
- composition du conseil syndical
Le partage de ces données passe aujourd’hui par des plateformes sécurisées, pensées pour satisfaire aux exigences du RGPD et garantir la confidentialité. Mais, dès qu’il s’agit de données nominatives, la prudence reste de mise. Syndics et gestionnaires avancent sur une ligne de crête : il leur faut à la fois garantir l’accès à l’information et préserver la vie privée des personnes concernées.
La loi impose une limitation de durée à la conservation de ces coordonnées, assortie de procédures rigoureuses. Un syndic qui manquerait à ses obligations, soit par oubli de transmission, soit par négligence dans la gestion des données, risque une amende salée, parfois de plusieurs milliers d’euros.
Dans la pratique, l’application de ces règles varie. Certains gestionnaires adoptent une lecture stricte des textes et multiplient les vérifications d’identité, tandis que d’autres se montrent plus souples, favorisant la circulation de l’information pour faciliter la gestion collective. Ce mouvement de fond a des effets directs sur la gouvernance : plus d’accès aux données, c’est plus de réactivité dans les décisions. Mais chaque nouvelle facilité d’accès fait ressurgir la question de la protection des données : combien de temps peut-on les conserver ? Pour quels usages précis ? Qui y a droit ? Les débats ne faiblissent pas, poussant les syndics à composer avec de nouvelles exigences réglementaires et des copropriétaires désormais habitués à une transparence de plus en plus poussée.
Quelles démarches pour obtenir les coordonnées des autres copropriétaires et quels outils facilitent la recherche ?
Accéder aux coordonnées des copropriétaires relève d’une procédure précise, façonnée par le droit de la copropriété. Le conseil syndical, et plus particulièrement son président, est le point d’entrée : il peut solliciter le syndic pour obtenir la liste des membres, démarche utile par exemple lors d’un projet d’emprunt collectif syndical ou pour gérer efficacement les notifications électroniques. La loi reste stricte sur le périmètre : seuls certains ayants droit peuvent obtenir ces informations, et le syndic n’est pas tenu de communiquer la liste à chaque copropriétaire, sauf dans le cas d’opérations collectives comme des travaux d’isolation ou la préparation d’une assemblée générale.
Avec la montée en puissance du numérique, la collecte d’informations s’est assouplie, sans pour autant tout ouvrir. À présent, des plateformes sécurisées offrent au conseil syndical, après vérification de son identité, la possibilité de consulter les données dont il a besoin. Voici les principaux types d’informations accessibles via ces outils :
- adresses postales
- notifications électroniques
- historiques des décisions
Certains gestionnaires ont même mis en place des interfaces web dédiées, permettant de suivre en direct l’avancée des travaux de rénovation énergétique ou de dialoguer avec les membres du comité social. À Paris, il arrive que des réseaux sociaux spécialisés dans la copropriété servent de relais pour partager ou rechercher certaines informations. Néanmoins, Google reste d’un recours limité : la confidentialité des données personnelles s’impose comme une barrière infranchissable.
Le ressenti des copropriétaires évolue aussi : la gestion digitalisée simplifie les démarches et renforce la satisfaction client, mais la vigilance reste de rigueur. Toute transmission de données passe par des étapes contrôlées, avec vérification de l’identité pour limiter les risques de fuite ou d’usage abusif.
En définitive, la procédure demeure encadrée. Pas d’annuaire accessible à tous, ni de collecte systématique : l’accès reste ponctuel, justifié par la gestion collective, et toujours placé sous la supervision du syndic ou du conseil syndical. L’équilibre entre transparence et sécurité s’affine, mais la porte ne s’ouvre jamais en grand.
2026 ne marque donc pas la fin des résistances, mais l’avènement d’une transparence encadrée, où chaque demande d’accès devient un petit test de confiance, et de responsabilité collective.


